À l’approche de la rentrée scolaire, prévue le 5 octobre 2026, le Syndicat national de l’Éducation (SNE) maintient la pression sur le gouvernement. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, assure que l’intersyndicale n’est pas opposée à l’organisation d’un concours de recrutement des enseignants, mais demande d’abord le respect des engagements contenus dans le protocole d’accord signé avec le gouvernement le 3 janvier 2026.
Selon le responsable syndical, 14 500 enseignants contractuels communaux avaient été identifiés, recensés, biométrisés puis soumis à une évaluation pratique en situation de classe. À l’issue de cette évaluation, 10 000 ont été retenus, tandis que 4 500 n’ont pas été recrutés.
Michel Pépé Balamou affirme toutefois que, parmi ces 4 500 enseignants, environ 4 000 avaient obtenu une moyenne égale ou supérieure à 10 sur 20. Il estime que ces enseignants doivent bénéficier de la priorité à l’engagement prévue, selon lui, par le protocole d’accord, plutôt que de reprendre une nouvelle évaluation.
« Nous ne sommes pas opposés au concours. Nous disons simplement que les éléments qui ont déjà été évalués en pratique de classe doivent être engagés conformément à l’esprit et à la lettre du protocole », soutient le secrétaire général du SNE.
Des engagements toujours attendus
Le syndicaliste évoque également plusieurs points du protocole d’accord qui, selon lui, restent à appliquer. Il cite notamment des mesures à incidence financière ainsi que la mise en place de commissions techniques chargées du suivi des engagements.
Trois commissions auraient notamment été constituées : l’une consacrée aux enseignants contractuels communaux non retenus à l’issue de l’évaluation pratique, une autre aux actes de nomination des cadres de l’éducation devant bénéficier de primes de fonction, et une troisième chargée de finaliser la révision du statut particulier des personnels de l’éducation et de la formation.
Pour Michel Pépé Balamou, le travail de ces commissions doit désormais déboucher sur des décisions concrètes.
Le recrutement de nouveaux enseignants contesté dans sa forme
Le secrétaire général du SNE réagit également aux annonces relatives au recrutement de nouveaux enseignants par la Fonction publique. Il relève une évolution des chiffres annoncés, passant notamment de 8 000 à 9 000 recrutements, et demande davantage de clarté sur le processus.
Il précise que l’intersyndicale ne s’oppose pas au recrutement de nouveaux agents, mais estime que les enseignants contractuels déjà évalués doivent être pris en compte avant toute nouvelle opération.
Le syndicat plaide également pour une professionnalisation du recrutement dans le secteur éducatif, avec une priorité accordée aux personnes formées spécifiquement aux métiers de l’enseignement.
Des arriérés de salaires et des primes réclamés
Autre préoccupation soulevée : la situation administrative et financière de certains enseignants contractuels déjà engagés. Michel Pépé Balamou évoque des arriérés de salaires, des situations administratives non régularisées ainsi que des primes d’incitation qui, selon lui, ne correspondraient pas toujours aux zones d’affectation.
Le syndicaliste demande également la régularisation des situations administratives des enseignants recrutés et l’application des mesures salariales prévues pour les fonctionnaires.
Des inquiétudes sur les conditions de rentrée
Au-delà des questions liées au recrutement, le SNE s’inquiète des conditions matérielles dans lesquelles doit se dérouler la prochaine rentrée scolaire.

Michel Pépé Balamou affirme que plusieurs établissements scolaires présentent encore des difficultés liées notamment à l’état des infrastructures, aux sanitaires, aux équipements et au matériel didactique. Il estime que ces conditions doivent être améliorées avant la reprise effective des cours.
Le syndicat demande également que les responsables de l’administration scolaire disposent des moyens nécessaires pour assurer la supervision de la rentrée.
Le 5 octobre comme échéance
Face à ces revendications, le SNE maintient sa position : le respect des engagements pris dans le protocole d’accord constitue, selon Michel Pépé Balamou, une condition essentielle pour parvenir à une rentrée scolaire apaisée.

« Tant que les points clairement identifiés dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 ne sont pas satisfaits, il n’y a pas de possibilité d’aboutir à une rentrée apaisée des classes le 5 octobre 2026 », a déclaré le secrétaire général du Syndicat national de l’Éducation.
Mohamed Saïd Azhary pour Yimbayanews.com




























