Conakry – L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en collaboration avec ses partenaires, a organisé un atelier d’information et de sensibilisation des parlementaires guinéens sur le traité BBNJ, relatif à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.
Cette rencontre vise à renforcer la compréhension des enjeux environnementaux, scientifiques, juridiques et économiques liés à cet accord international, en prélude à son éventuelle ratification par la Guinée.
Le traité BBNJ, qui concerne notamment la protection des écosystèmes marins, le partage des ressources génétiques marines et le transfert de technologies, représente un enjeu important pour les pays côtiers, dont la Guinée.
L’UICN plaide pour une meilleure appropriation du traité
À l’issue de la cérémonie d’ouverture, Richard Labilé Sagnho, représentant de l’UICN, a souligné l’importance de l’implication des parlementaires dans le processus de ratification de cet accord.
Il a rappelé que le traité BBNJ repose sur quatre axes majeurs : les ressources génétiques marines et le partage des avantages, les outils de gestion par zone, les évaluations d’impact environnemental ainsi que le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.
Selon lui, la ratification de cet accord nécessite une compréhension approfondie de ses mécanismes, de ses obligations et des opportunités qu’il offre à la Guinée.
Il a également insisté sur le rôle déterminant de l’Assemblée nationale dans l’adaptation du cadre législatif et des politiques publiques nécessaires à la mise en œuvre des engagements internationaux.
Richard Sagnho a, par ailleurs, salué le soutien de l’Union européenne au Programme régional pour les océans durables en Afrique de l’Ouest, qui accompagne les efforts de protection des écosystèmes marins et côtiers.
L’Union européenne appelle à une ratification avant la première conférence des États parties.

Prenant la parole à son tour, Xavier Sticker, représentant de l’Union européenne et chef de délégation, a rappelé l’importance de l’engagement de la Guinée dans la gouvernance mondiale des océans.
Il a souligné que la Guinée figure parmi les pays ayant participé à la dynamique internationale ayant conduit à l’adoption du traité BBNJ, notamment lors du Sommet des Nations unies sur les océans organisé à Nice en juin 2025.

Le représentant européen a exprimé le souhait de voir la Guinée prendre part à la première conférence des États parties, prévue en janvier 2027 à New York, afin de participer aux premières décisions relatives à la mise en œuvre de l’accord.
Il a également évoqué le soutien financier destiné aux pays en développement engagés dans le processus de ratification, précisant que 40 millions de dollars sont mobilisés dans le cadre des initiatives d’accompagnement.
Xavier Sticker a enfin rappelé l’engagement de l’Union européenne en faveur de la protection des mangroves, de la gestion durable des pêches et de la préservation des ressources halieutiques en Guinée.

L’Assemblée nationale promet son accompagnement
Représentant le président de l’Assemblée nationale, Sékou Samoura a réaffirmé la disponibilité de l’institution parlementaire à accompagner le processus de ratification du traité.
Il a salué la mobilisation des députés autour de cette initiative et assuré que l’Assemblée nationale entendait mettre à disposition la documentation nécessaire pour permettre aux élus de mieux comprendre les dispositions de l’accord avant de se prononcer sur sa ratification.
Il a également souligné l’importance de cette convention pour la protection de l’environnement et la participation de la Guinée aux décisions internationales relatives à la biodiversité marine.
La Primature insiste sur les retombées pour la Guinée.

Au nom du Premier ministre, Taibou Diallo a salué l’organisation de cet atelier, qu’elle considère comme une étape importante dans l’appropriation nationale du traité BBNJ.
Elle a rappelé que cet accord offre à la Guinée des perspectives en matière de partage équitable des bénéfices issus des ressources génétiques marines, de transfert de technologies et de renforcement des capacités nationales.
La représentante de la Primature a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation de l’ensemble des institutions de la République pour garantir une mise en œuvre efficace des engagements liés à cet accord.
Elle a enfin établi un lien entre la protection de la biodiversité en haute mer et les efforts nationaux de lutte contre la pollution plastique et de préservation des écosystèmes côtiers.
La Belgique souligne l’importance de la présence guinéenne dans les instances internationales

L’ambassadeur du Royaume de Belgique en Guinée, Olivier Quinaux, a, pour sa part, mis en avant l’importance de la coopération internationale dans la protection des océans.
Il a rappelé que le traité BBNJ constitue un cadre de coopération entre les pays du Nord et du Sud, notamment pour le partage des connaissances scientifiques, des données et des ressources.
L’ambassadeur a également insisté sur l’importance pour la Guinée de participer aux prochaines étapes de la gouvernance mondiale de la biodiversité marine, afin de défendre les intérêts de ses communautés côtières et de ses pêcheurs.
Le gouvernement mise sur une ratification éclairée

Dans son discours d’ouverture, le ministre de l’Environnement et du Développement durable a souligné que la conservation de la biodiversité marine constitue un enjeu majeur pour la Guinée, dont les ressources côtières et maritimes contribuent à la sécurité alimentaire, à l’économie nationale et aux moyens de subsistance des populations.
Il a rappelé que le gouvernement entend faire du processus BBNJ une démarche d’appropriation nationale impliquant les institutions publiques, les parlementaires, les scientifiques et les partenaires techniques et financiers.
Le ministre a précisé que la ratification ne constituerait pas une finalité, mais le point de départ d’un processus nécessitant le renforcement du cadre juridique et institutionnel, des compétences scientifiques et techniques ainsi que de la coopération régionale et internationale.
Une visite de terrain est également prévue le 30 septembre afin de permettre aux participants de mieux appréhender les réalités environnementales des espaces côtiers et marins guinéens.

À travers cet atelier, les autorités guinéennes et leurs partenaires entendent renforcer les connaissances des parlementaires sur le traité BBNJ et préparer les prochaines étapes de son processus de ratification, dans le respect des intérêts nationaux et des engagements internationaux du pays.
Mohamed Said Azhary pour Yimbayanews.com



























