À Conakry, une activité d’information et de sensibilisation a été organisée autour du traité BBNJ, consacré à la conservation et à l’utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.
Selon Salif Touré, point focal national du traité BBNJ, l’accord a été adopté par les Nations unies le 19 juin 2023 et est entré en vigueur le 17 janvier 2025, après le dépôt du 60ᵉ instrument de ratification. La Guinée, qui a signé le traité le 9 juin, doit désormais franchir l’étape de la ratification.
« La ratification est de l’ordre législatif. Ce sont les députés qui doivent ratifier le traité », a expliqué Salif Touré.

La visite de terrain organisée à cette occasion devait permettre aux parlementaires de mieux comprendre les réalités liées à la pollution et à la protection des espaces marins et côtiers guinéens. L’initiative bénéficie notamment de l’appui de l’Union européenne et de partenaires impliqués dans la protection de la biodiversité.

Pour Barthélemy, représentant de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et coordinateur du programme WAJOP, cette immersion sur le terrain vise à rapprocher les parlementaires des enjeux environnementaux.
« Il était important de permettre aux députés de voir concrètement comment les activités sont menées et quels sont les enjeux environnementaux pour la Guinée », a-t-il souligné.

De son côté, Toumany Sangaré, chercheur en biologie marine au Centre national des sciences halieutiques de Boussoura, a insisté sur l’importance de la création et de la protection des aires marines protégées. Selon lui, ces espaces contribuent à préserver les écosystèmes et à maintenir la productivité des ressources halieutiques.
Il a également alerté sur les effets de la pollution, notamment celle liée aux déchets plastiques et aux microplastiques, qui peuvent se retrouver dans la chaîne alimentaire et affecter, à terme, la santé humaine.
Les échanges ont aussi porté sur les actions d’assainissement dans les ports et débarcadères, ainsi que sur le recyclage et la valorisation des déchets.

Pour La Mayo Camara, directeur général du Centre national de production et de l’urbanisme au ministère de l’Environnement, cette visite constitue une occasion pour les parlementaires de mieux appréhender les enjeux liés à la protection du littoral et de la biodiversité marine.

L’honorable Doussou Mansaré, député à l’Assemblée nationale, a, pour sa part, estimé que cette sensibilisation intervient à un moment important, à l’approche de la rentrée parlementaire. Elle devrait, selon lui, permettre aux élus de mieux comprendre le contenu et les enjeux du traité BBNJ afin de faciliter son processus de ratification.
La parlementaire a également appelé au renforcement de l’application des lois environnementales déjà adoptées en Guinée.
« Même si nous avons des lois qui parlent de protection, s’il n’y a pas de textes d’application, on ne peut pas agir efficacement », a-t-elle déclaré.

À l’issue de cette activité, les parlementaires entendent également contribuer à la sensibilisation des populations sur la protection de l’environnement marin et le maintien de la propreté des espaces côtiers.
Mohamed Saïd Azhary pour YimbayaNews.com




























