J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt le conflit qui oppose TAD et sa famille au fondateur de l’école « L’Afrique noire ». À mon sens, les deux parties ont commis des erreurs dans la gestion de cette affaire.
Cependant, au-delà des émotions et des prises de position, certains éléments méritent d’être examinés avec lucidité. Le fondateur de l’école a, pour sa part, fait preuve d’une stratégie que je considère particulièrement habile. Mais avant d’en arriver à cette conclusion, il convient de revenir sur les erreurs commises par chacun des deux camps.
1. Du côté de TAD et de sa famille
Lorsqu’un bien immobilier fait l’objet d’un contrat de bail à caractère commercial, toute décision visant à mettre fin à cette relation contractuelle doit normalement respecter les clauses du contrat et les procédures applicables. Il ne faut surtout pas laisser l’émotion prendre le dessus.
Dans cette affaire, l’un des principaux problèmes semble être la confiscation d’une annexe qui, selon les termes du contrat évoqués, faisait partie des espaces concernés par la location. Si le contrat prévoyait effectivement l’utilisation du bâtiment principal ainsi que de ses annexes, le fait d’empêcher le locataire d’exploiter une partie de ces espaces pouvait nécessairement lui causer un préjudice financier.
Cette décision pourrait également avoir produit un autre effet : celui d’exposer la famille de TAD à d’éventuelles réclamations portant sur les loyers ou les pertes subies pendant la période durant laquelle le locataire n’a pas pu exploiter pleinement les lieux.
Mais l’erreur la plus lourde, à mes yeux, serait d’avoir entrepris de détruire ou de démonter certaines installations de l’école afin d’empêcher la poursuite des activités scolaires.
Si les faits sont bien ceux qui ont été rapportés, TAD et sa famille auraient tout intérêt à mesurer les conséquences d’une telle décision. Au-delà du conflit initial, une interruption des activités pourrait ouvrir la voie à de nouvelles demandes d’indemnisation, notamment si le locataire démontre qu’il a subi un manque à gagner du fait de l’impossibilité d’utiliser les locaux.
TAD, si tu veux véritablement sortir de cette affaire dans les meilleures conditions, il aurait peut-être été préférable de privilégier une solution permettant de réparer les éventuels dommages et de laisser l’établissement fonctionner pendant la période concernée, tout en utilisant les voies légales pour régler définitivement le différend.
2. Du côté du fondateur de l’école
Monsieur le Fondateur, j’ai également attentivement écouté vos explications. Et là encore, certaines questions méritent d’être posées.
Vous affirmez notamment que le contrat prévoyait qu’après six mois, le four devait vous revenir. Si cette clause était effectivement claire et applicable, une question se pose : pourquoi ne pas avoir engagé les démarches nécessaires dès le moment où vous avez constaté que vous ne pouviez plus disposer d’une partie des installations ?
Autrement dit, pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d’agir ?
Si vous estimiez que le contrat n’était plus respecté, il aurait été possible, selon les circonstances et les dispositions contractuelles applicables, d’envisager une rupture ou une procédure judiciaire beaucoup plus tôt.
C’est précisément sur ce point que votre stratégie me paraît particulièrement habile : vous avez laissé le temps produire ses effets avant de faire valoir vos arguments. Mais cette stratégie comporte également des risques et ne dispense évidemment pas du respect des règles de droit.
Une affaire qui dépasse désormais les deux parties
Au fond, cette affaire illustre surtout les dangers d’un conflit immobilier et commercial mal géré.

D’un côté, un propriétaire qui estime que son bien n’est pas utilisé conformément à ses attentes. De l’autre, un exploitant qui affirme disposer de droits découlant d’un contrat. Entre les deux, des années de relations conflictuelles et, aujourd’hui, une situation qui semble avoir pris une ampleur considérable.
Il ne suffit donc pas de savoir qui a raison sur le plan moral. Il faut surtout déterminer ce que prévoit précisément le contrat, quelles obligations ont été respectées ou violées et quelles procédures ont été suivies.
TAD, j’aurais sincèrement aimé que vous soyez toujours en possession de votre maison et que toute la famille puisse vivre dans la paix.
Mais, au regard des éléments que j’ai pu suivre dans cette affaire, je pense que certaines décisions auraient pu être prises autrement. Et je reste particulièrement interrogatif sur les conseils qui vous ont été donnés au cours de cette longue bataille.
Cette affaire mérite désormais moins de passion et davantage de recul, de dialogue et surtout de respect des procédures.
Mohamed Said Azhary pour Yimbayanews.com






























