Implantée sur près de dix hectares à Manéah, l’usine Spaceplast SARL suscite à la fois espoir et interrogation dans le secteur de l’assainissement. Présentée comme une réponse industrielle à la pollution plastique, elle se heurte pourtant à un paradoxe majeur : le manque de matière première, malgré l’ampleur visible des déchets dans l’environnement.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour fonctionner à plein régime, l’unité a besoin d’environ 50 tonnes de déchets plastiques par jour. Or, elle ne reçoit actuellement qu’environ 20 tonnes quotidiennes. Une situation qui contraste avec la réalité de la pollution plastique, particulièrement marquée dans la capitale.
L’usine propose pourtant un prix de rachat attractif, estimé à près de 2 400 000 francs guinéens la tonne de plastique collecté et livré. Une incitation financière qui, en théorie, devrait dynamiser la chaîne de collecte.
Plus préoccupant encore, faute de volumes suffisants mobilisés à Conakry, l’entreprise est contrainte de s’approvisionner dans les régions de Siguiri, Kankan, Labé et N’Zérékoré. Ce recours aux zones de l’intérieur du pays met en lumière un déficit d’organisation et de structuration de la filière de collecte dans la capitale, alors même que le gisement de déchets y est abondant.


Face à ce paradoxe — abondance de déchets dans l’environnement mais insuffisance de matière pour l’industrie — des actions sont annoncées pour renforcer la mobilisation et optimiser la chaîne de valeur. L’enjeu est double : améliorer l’assainissement urbain tout en consolidant une filière industrielle porteuse d’emplois et de valeur ajoutée.
Mohamed said Azhary pour Yimbayanews.com



























