Le ministre délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, Adama Dosso, a procédé le mardi 3 mars 2026 à Abidjan à l’ouverture officielle de la consultation régionale en prélude au Sommet sur l’Avenir de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Cette rencontre stratégique réunit ministres, représentants de la Commission de la CEDEAO, diplomates, acteurs du secteur privé, membres de la société civile, universitaires ainsi que des partenaires techniques et financiers. Objectif : formuler des recommandations concrètes pour refonder et accélérer le processus d’intégration régionale.
Bilan et défis
Dans son allocution, Adama Dosso est revenu sur les acquis majeurs des cinquante années d’existence de l’organisation régionale, citant notamment la libre circulation des personnes, le schéma de libéralisation des échanges et les mécanismes de maintien de la paix.
Il a toutefois souligné la persistance de défis structurels, en particulier la faiblesse du commerce intra-communautaire, qui ne représentait qu’environ 5,7 % des échanges totaux en 2024. Une situation attribuée aux barrières non tarifaires, aux infrastructures fragmentées et à une forte dépendance aux matières premières.
Un agenda en cinq priorités
Face à ces enjeux, le ministre délégué a proposé un agenda articulé autour de cinq priorités : finaliser le Marché commun, notamment par le démantèlement des barrières non tarifaires sur les corridors stratégiques ; structurer des chaînes de valeur régionales dans des secteurs clés tels que l’agro-transformation, le textile, le pharmaceutique et les énergies renouvelables ; accélérer l’intégration des infrastructures physiques et numériques ; renforcer la gouvernance économique et la redevabilité régionale ; et améliorer la mesure statistique du commerce, y compris informel.
Adama Dosso a par ailleurs réaffirmé l’engagement de la Côte d’Ivoire en faveur d’une CEDEAO « plus intégrée, plus compétitive et plus résiliente ».
Des objectifs chiffrés à l’horizon 2030
La cérémonie d’ouverture a également été marquée par la proposition de trois engagements collectifs : porter la part du commerce intra-CEDEAO à au moins 10 % d’ici 2028, doubler la part des exportations régionales d’ici 2030 et réduire d’un tiers les délais de passage aux principaux postes frontaliers dans un délai de trois ans.


Inscrite dans le cadre de la Vision 2050 de la CEDEAO, cette consultation régionale devra déboucher sur des recommandations opérationnelles, datées et mesurables, destinées à être soumises au prochain Sommet sur l’Avenir de la Communauté.
Tâta Traoré pour Yimbayanews.com




























