La dépouille de l’activiste burkinabè Alain Christophe Traoré, connu sous le pseudonyme Alino Faso, est arrivée ce lundi 18 août 2025 à Ouagadougou, où une foule de citoyens et des membres du gouvernement étaient mobilisés pour l’accueillir.
Installé en Côte d’Ivoire depuis 2021, l’activiste de 44 ans est décédé en détention le 24 juillet dernier, à l’école de gendarmerie d’Abidjan. Selon le procureur de la République ivoirien, il a été retrouvé mort, « pendu », dans sa cellule.
Des accusations lourdes
Arrêté le 10 janvier 2025, Alino Faso faisait l’objet de plusieurs accusations :

« intelligence avec un État étranger susceptible de compromettre la stabilité militaire ou diplomatique de la Côte d’Ivoire »,
« complot contre l’autorité de l’État »,
« espionnage » et
« diffusion de fausses informations visant à démoraliser la population et nuire à la défense nationale ».
Selon l’Agence France-Presse (AFP), une source sécuritaire ivoirienne soupçonnait l’activiste de liens avec la BIR-C, un réseau de cyberactivistes proche de la junte burkinabè, réputé pour attaquer les voix critiques du pouvoir de Ouagadougou. Il lui était également reproché sa proximité avec Ibrahima Maïga, un activiste burkinabè basé aux États-Unis et suivi par plus d’un million de personnes sur Facebook, connu pour ses prises de position virulentes contre Abidjan.
Une mort qui interroge
Si les autorités ivoiriennes concluent à un suicide, plusieurs organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que des artistes burkinabè mettent en doute cette version officielle. Ils réclament une autopsie indépendante et une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur les circonstances de son décès.
Le gouvernement burkinabè, présent lors du rapatriement du corps, n’a pas encore fait de déclaration officielle sur l’affaire.
Mohamed Said Azhary pour Yimbayanews.com




























