Dans une lettre adressée au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qualifié de « Protecteur des Arts et des Lettres » selon l’article 62 alinéa 7 de la nouvelle Constitution, un artiste-humoriste, également membre du Conseil National de la Transition (CNT), lance un appel solennel pour une meilleure considération du secteur culturel, en particulier des humoristes guinéens.
Un hommage appuyé aux pionniers de la culture guinéenne
L’auteur rappelle d’abord l’héritage laissé par les grandes figures des arts guinéens : Sow Bailo, Italo Zambo, Modi Oumar, Kendeka, Nadouba Bangaly, Yagouba Pessé, Moussa Koffoe, Harouna Barry, Séri Lago, Colonel Bella, Koro Mamoudou, Lolo, Grand Tounk, entre autres.
Il cite notamment deux faits marquants :
en 1961, Sow Bailo représentait la Guinée sur scène en Russie avant d’être formé à Cuba ;
Italo Zambo, figure emblématique des Ballets Africains, a porté les couleurs du pays jusqu’à la tribune des Nations Unies.
Selon le signataire, ces icônes constituent les fondations de l’identité culturelle du pays et justifient pleinement que les artistes actuels bénéficient du respect qui leur est dû.
Vingt ans d’efforts et une tradition humoristique enracinée
Revenant sur l’histoire récente, il rappelle que dans les années 2000, l’Association des Humoristes-Comédiens de Guinée organisait chaque décembre “La Nuit du Rire”, d’abord au Cinéma Liberté, puis au Palais du Peuple, à la faveur d’un engouement populaire notable.
Pour lui, cette période a démontré la capacité de l’humour guinéen à rassembler et à promouvoir l’image du pays.
Un secteur laissé aux initiatives privées
Le texte déplore ensuite que les grands événements culturels reposent presque exclusivement sur des initiatives privées, rarement soutenues par les autorités.
Il cite notamment le festival Conak’Rit, organisé depuis quatre ans par Lass Sylla, et qui offre chaque année un tremplin aux jeunes humoristes via le Prix Découvrir. Un festival d’envergure nationale, mais qui se déroule « presque sans appui institutionnel ».
Des lois votées mais non appliquées
L’artiste rappelle que sous la direction du président Doumbouya, le CNT a adopté deux textes majeurs :
1. la loi sur le spectacle vivant ;
2. le statut de l’artiste et des professionnels de la culture.

Bien qu’approuvés en Conseil des ministres et transmis aux services compétents, ces textes restent « largement ignorés », regrette-t-il.
Le Parlement du Rire à Conakry : une “déception”
Tout en saluant l’organisation à Conakry du Parlement du Rire par Gondouwana City, sous parrainage officiel, l’auteur dit sa « profonde incompréhension » : aucun humoriste guinéen n’apparaît dans la communication, les affiches ou même, semble-t-il, dans la programmation.
Cela, alors même que plusieurs artistes guinéens ont déjà brillé dans l’émission : Oumar Manet, Mamadou Thug, Thérèse Ndiaye, Sow Pedro, Thierno Mamou ou encore Rigel Gandhi.
Leur visibilité dans cette production panafricaine est, selon lui, incontestable.
« Les ignorer en Guinée même est une blessure profonde », écrit-il.
Un appel direct au président
L’auteur souligne également les marques de considération que le chef de l’État lui a personnellement témoigné à plusieurs occasions : son entrée au CNT, une mise à l’honneur lors d’un match caritatif, ou encore une salutation lors d’un symposium international.
C’est cette attitude qu’il invoque aujourd’hui pour demander l’intervention du président.
Face à ce qu’il décrit comme une injustice criante, il affirme ne pouvoir « ni trahir sa conscience, ni sa communauté artistique ».
Une demande : appliquer les lois et respecter les artistes
Le texte se conclut par une requête adressée au chef de l’État pour que la Guinée :
respecte ses propres talents ;
respecte les lois déjà votées ;
préserve son patrimoine culturel.
Un message présenté comme un ultime recours, au nom de l’ensemble des artistes, humoristes et acteurs culturels du pays.
Honorable Elhadj Mohamed Lamine Diallo
Alias Mamadou Thug
Artiste-Comédien – Membre du CNT, sur Yimbayanews.com




























