Depuis quelques jours, de nombreux citoyens en Guinea signalent des difficultés à retirer de l’argent dans certaines banques, institutions de microfinance et points de services mobiles comme Orange Money. Si les dépôts continuent d’être acceptés, plusieurs usagers affirment rencontrer des obstacles lorsqu’ils souhaitent effectuer des retraits en espèces.
Cette situation suscite des interrogations au sein de la population, d’autant plus que le pays dispose de sa propre monnaie, le franc guinéen. En principe, un État qui contrôle sa monnaie devrait pouvoir assurer une circulation relativement fluide de la liquidité dans son système financier.
Plusieurs facteurs pourraient toutefois expliquer ces tensions. D’abord, une hausse de la demande de liquidités : lorsque les citoyens craignent un manque d’argent dans les guichets, ils ont tendance à multiplier les retraits, ce qui peut rapidement épuiser les réserves disponibles.
Ensuite, un ralentissement de la circulation de l’argent dans l’économie peut également jouer un rôle. Des paiements tardifs ou une baisse des transactions entre entreprises, commerçants et institutions publiques peuvent réduire la disponibilité de billets dans les banques.
Par ailleurs, des ajustements dans la politique monétaire décidés par la Banque Centrale de la République de Guinée peuvent parfois limiter temporairement la quantité de liquidités en circulation, notamment pour contrôler l’inflation ou stabiliser l’économie.
Enfin, le poids important du secteur informel en Guinée contribue à accentuer la demande en espèces. Une grande partie des transactions économiques s’effectuant en cash, les banques peuvent se retrouver sous pression lorsque la demande augmente simultanément.
Les spécialistes estiment que ce type de tension n’est jamais sans conséquence pour l’économie. Des difficultés d’accès à l’argent peuvent ralentir les activités commerciales, perturber les transactions quotidiennes et fragiliser la confiance des citoyens envers le système financier.

Face à cette situation, plusieurs observateurs appellent les autorités financières à renforcer la communication et la transparence, afin de rassurer la population et de contribuer à la stabilisation du système bancaire.
Aicha Sylla pour Yimbayanews.com




























