Les préparatifs de la 10ᵉ édition du Festival des Arts et du rire de Labé, également connu sous le nom de Karmoko Alpha Mo Labé, sont déjà en cours. Prévue du 28 mars au 4 avril 2027, cette édition anniversaire se veut exceptionnelle, avec plusieurs innovations annoncées par le comité d’organisation.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi, l’honorable Mamadou Thug, membre de l’organisation, a expliqué les raisons de cette anticipation.
« Nous sommes actuellement en septembre et nous avons appris que nous allons consacrer cette période à la préparation de la dixième édition. Il est normal d’anticiper pour pouvoir répondre aux attentes, notamment celles des médias qui nous accompagnent chaque année dans cette aventure », a-t-il déclaré.
Selon lui, le dossier de préparation du festival a été finalisé depuis juillet. L’objectif est désormais de le transmettre aux différents partenaires, sponsors et départements concernés afin de permettre une meilleure planification de l’événement.

Mamadou Thug souhaite notamment que le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat puisse inscrire le festival dans sa programmation et anticiper son accompagnement dans le cadre de la loi de finances initiale 2027.
Il a également évoqué la question de l’hébergement des festivaliers et des invités. Avec plusieurs dizaines de chambres mobilisées pendant le festival, une partie importante du budget est consacrée au logement, une charge qui pourrait être réduite grâce à une implication accrue des ressortissants de Labé et de la diaspora.
Une 10ᵉ édition placée sous le signe de la maturité
Pour le comité d’organisation, atteindre la dixième édition constitue une étape majeure.
Depuis 2013, Mamadou Thug et son équipe disent avoir consacré plusieurs années d’efforts à la construction de cet événement culturel.
« Pour moi, un événement, il faut le chérir, l’aimer et se donner pour lui. Si nous avons aujourd’hui la chance d’atteindre une dixième édition, c’est exceptionnel. Dix éditions, c’est une maturité », a-t-il souligné.
C’est justement autour de cette notion que sera articulée l’édition 2027, placée sous le thème de « la maturité ».
Plusieurs innovations sont annoncées, notamment sur le plan de la communication et de la mobilisation du public. Un tournoi réunissant journalistes, artistes et autres acteurs culturels est envisagé, ainsi qu’un tournoi interscolaire destiné à impliquer davantage les établissements scolaires.
Des activités autour de la musique, du karaoké et d’autres disciplines culturelles devraient également permettre aux élèves de mieux connaître le programme du festival.
La Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur
Pour cette édition anniversaire, la Côte d’Ivoire a été choisie comme pays invité d’honneur. Un choix que Mamadou Thug justifie par les liens culturels existants entre les deux pays et par la forte présence d’artistes ivoiriens lors des précédentes éditions.
Le comité d’organisation entend également mettre à l’honneur plusieurs artistes et acteurs culturels ayant marqué l’histoire du festival depuis sa création.
Des invités venus notamment de Mauritanie, du Sénégal, du Burkina Faso et du Gabon pourraient également être associés à cette édition, dans le but de renforcer la dimension internationale de l’événement.
Un hommage particulier à Labé et à la région
Au-delà de la dimension internationale, l’édition 2027 entend mettre particulièrement en valeur Labé et sa région.
Le comité envisage notamment un spectacle d’ouverture consacré à la ville et à son patrimoine culturel. Une immersion dans certaines localités de la région est également annoncée afin de permettre aux festivaliers et aux visiteurs de découvrir davantage les richesses du territoire.
Pour Mamadou Thug, ce choix constitue également une manière de rendre hommage à une ville qui a fortement contribué au rayonnement culturel de la Guinée.
Un tremplin pour les jeunes artistes
Depuis plusieurs années, le Festival des Arts de Labé se présente également comme une plateforme destinée à accompagner les jeunes talents.
Mamadou Thug rappelle que plusieurs artistes ont bénéficié de cette exposition pour accéder à d’autres scènes et compétitions internationales.
Il cite notamment les initiatives consacrées au slam, à travers des prix et des espaces d’expression permettant aux jeunes talents guinéens de se faire connaître au-delà des frontières.
« Le festival est un tremplin. Nous avons accompagné plusieurs jeunes artistes et nous voulons continuer à leur offrir des espaces d’expression », a-t-il expliqué.
Un appel aux partenaires et à la diaspora
À l’approche de cette dixième édition, le comité d’organisation lance un appel aux partenaires, sponsors, entreprises, ressortissants de Labé et membres de la diaspora.
Pour Mamadou Thug, la réussite d’un festival d’une telle ampleur ne peut reposer uniquement sur l’équipe organisatrice.
« Un festival ne peut pas prospérer sans bénévoles, sans soutien et sans accompagnement », a-t-il insisté.
Il invite notamment les ressortissants disposant de maisons à Labé à mettre, lorsque cela est possible, leurs logements à la disposition des invités et participants. Une telle solidarité permettrait, selon lui, de réduire les importantes dépenses liées à l’hébergement.
L’organisation souhaite également renforcer la participation du secteur privé et des institutions publiques, estimant que le festival génère des retombées économiques importantes pour la ville et pour les différents acteurs locaux.
Une décennie à pérenniser
Après dix années d’organisation, Mamadou Thug estime que l’un des prochains défis sera d’assurer la relève.
« Dans deux ou trois éditions, nous allons sortir de l’organisation. Il faut permettre à des jeunes de prendre la relève, d’organiser et de faire vivre ce festival », a-t-il déclaré.
Le comité souhaite ainsi transmettre progressivement son expérience à une nouvelle génération afin d’assurer la pérennité de l’événement.

Rendez-vous est donc pris du 28 mars au 4 avril 2027 à Labé pour une dixième édition qui entend célébrer une décennie de culture, de rencontres et de promotion des talents, sous le signe de la maturité et de l’innovation.
Mohamed Said Azhary pour Yimbayanews.com



























