Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est exprimé ce samedi 19 septembre 2026 sur l’évacuation sanitaire à l’étranger de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara. Dans une adresse aux Guinéens, le chef de l’État a affirmé que cette décision, prise pour des raisons médicales, ne remet pas en cause les décisions rendues par la justice.
Mamadi Doumbouya rappelle d’abord que les deux anciens responsables ont été poursuivis et condamnés par la justice guinéenne. Selon lui, les décisions judiciaires « conservent l’intégralité de leur autorité » et ne sont ni annulées, ni révisées, ni négociées.
Le chef de l’État réaffirme ainsi le principe selon lequel « nul n’est au-dessus de la loi », indépendamment des fonctions occupées par les personnes concernées.
Une décision motivée par des raisons sanitaires
Abordant la question de leur départ à l’étranger, Mamadi Doumbouya explique avoir été informé et documenté sur l’état de santé des deux anciens dignitaires.
« Un État fort n’est pas un État sans cœur », a-t-il déclaré, estimant que la République ne pouvait rester indifférente face à la souffrance humaine.
Le président affirme donc avoir autorisé, « à titre exceptionnel et pour des raisons exclusivement sanitaires », leur évacuation vers des structures médicales adaptées.
Cette décision intervient après l’autorisation de sortie du territoire accordée par le parquet spécial près la CRIEF pour permettre aux deux hommes de recevoir des soins à l’étranger.
Ibrahima Kassory Fofana a quitté Conakry vendredi 18 septembre à destination de Paris à bord d’un vol spécial médicalisé. Amadou Damaro Camara avait, de son côté, quitté la Guinée deux jours auparavant pour les États-Unis.
« Ni une amnistie, ni une grâce »
Mamadi Doumbouya insiste sur la portée limitée de sa décision. Selon lui, l’évacuation sanitaire ne constitue « ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement », mais un « acte d’humanité ».
Le président affirme également vouloir une Guinée capable de « juger sans haine » et de « sanctionner sans acharnement ». Il estime que la rigueur dans la gestion des deniers publics doit relever de l’exigence républicaine et non du ressentiment.
Dans son message, il associe cette approche à la question de la réconciliation nationale, qu’il présente comme la capacité des Guinéens à se tourner vers l’avenir après que la vérité a été établie et la justice rendue.
L’appel à l’unité et à la construction du pays
Pour le chef de l’État, la Guinée doit désormais se concentrer sur ses priorités sociales et économiques. Il cite notamment l’éducation, l’accès aux soins, l’eau potable, l’électricité et l’emploi des jeunes.
« Notre pays entre dans une ère décisive. Il aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils, unis, apaisés, tournés vers le travail et la construction », a-t-il déclaré.
Mamadi Doumbouya conclut son adresse en appelant les Guinéens à œuvrer collectivement à la construction du pays, estimant que la prospérité des populations doit constituer la principale mesure de réussite.
Mohamed Said Azhary pour Yimbayanews.com




























