Le récent don de vélos remis par la France à la police gabonaise continue d’alimenter les critiques au sein de l’opinion publique. Pour de nombreux observateurs, ce geste, présenté comme un acte de coopération, met surtout en lumière les contradictions d’un pays doté d’immenses ressources mais incapable de financer lui-même des équipements de base.
Riche en pétrole, en forêts et en minerais, le Gabon est souvent décrit comme un territoire au potentiel exceptionnel. Pourtant, son niveau de développement reste largement en deçà de ce qu’autorisent ses ressources naturelles. Plusieurs analystes rappellent notamment que, durant des décennies, l’exploitation pétrolière a été dominée par des entreprises étrangères, sans possibilité pour l’État gabonais de contrôler de manière fiable les volumes réellement extraits.
Selon eux, cette dépendance économique s’est doublée d’une dépendance politique, favorisant la longévité de dirigeants davantage soucieux de maintenir l’équilibre établi que d’engager des réformes structurelles.

Ainsi, le débat soulevé par le don français dépasse la valeur symbolique du geste : il interroge la capacité du Gabon à assumer son propre développement. Pour plusieurs voix critiques, le véritable enjeu n’est pas ce qui est offert par ses partenaires, mais ce que le pays aurait dû être en mesure d’acquérir depuis longtemps. Une situation qui, selon eux, perdurera tant que la maîtrise des ressources nationales ne sera pas pleinement assurée.
Alhassane Djaffa pour Yimbayanews.com




























