En hommage à son père, le regretté artiste Kerfala Kanté, surnommé « L’Oiseau de Sankaran », Kémo Kanté annonce la première édition d’un événement culturel prévu le 6 novembre prochain au Palais du Peuple de Conakry. Cette initiative, placée sous le signe de la mémoire et de la transmission artistique, bénéficie déjà du soutien de plusieurs grandes figures de la musique et de la culture guinéennes.
Face à la presse et en présence de nombreuses personnalités du monde culturel, Kémo Kanté a exprimé sa reconnaissance envers les aînés et les acteurs qui se mobilisent pour accompagner cette initiative.
Visiblement ému par cette mobilisation, le jeune artiste a expliqué que la présence de ces personnalités constituait déjà un immense soutien pour lui.

« Je n’ai pas beaucoup de mots à dire ce soir. Plusieurs papas sont présents et sont mieux placés que moi pour parler de mon père et de son héritage. Je suis simplement heureux de voir toutes ces personnalités à mes côtés. Leur présence représente le plus grand soutien que je pouvais espérer », a-t-il déclaré.
Kémo Kanté a également souligné que la réussite de ce projet nécessitait une mobilisation collective, saluant notamment le soutien des autorités guinéennes, du président de la République et de son gouvernement.
Yakhoumba Sékou témoigne du talent et du potentiel de Kémo Kanté
Prenant la parole, le guitariste et musicien Yakhoumba Sékou est revenu sur les débuts artistiques de Kémo Kanté. Selon lui, le jeune artiste avait très tôt révélé des prédispositions remarquables, au point de susciter l’espoir de voir en lui le digne héritier de son père.
Il affirme avoir été impressionné par sa capacité à interpréter les morceaux de Kerfala Kanté, notamment lors de ses prestations consacrées au répertoire de son père.
Tout en saluant son talent, le musicien a attiré l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontés les artistes guinéens, notamment en matière d’accompagnement, de production et de promotion.
Pour lui, le talent ne suffit pas toujours à garantir la réussite d’une carrière. Les artistes ont également besoin de structures solides, de moyens financiers et d’un véritable accompagnement professionnel.
Il a ainsi encouragé Kémo Kanté à persévérer dans le travail, à rester courageux face aux difficultés et à poursuivre son ambition de faire rayonner la musique guinéenne au-delà des frontières.
Moussa Moïse Djoubaté replonge dans les souvenirs de Kerfala Kanté
De son côté, Moussa Moïse Djoubaté a livré un témoignage empreint d’émotion sur le parcours et la personnalité de Kerfala Kanté, qu’il a côtoyé à plusieurs occasions.
Évoquant notamment les souvenirs liés à la sortie de l’album « Téléphone », en 2001, il a raconté une douloureuse épreuve personnelle survenue quelques jours avant cet événement : la maladie, puis le décès de son père.
Il explique que cette disparition a profondément marqué sa vie et renforcé son attachement au titre « Papa est mort », une œuvre qui lui rappelle encore aujourd’hui cette période difficile.
Moussa Moïse Djoubaté a également évoqué les déplacements effectués avec Kerfala Kanté, notamment à Bamako, où il a pu constater l’appréciation dont bénéficiait l’artiste auprès du public mandingue.
Pour lui, Kerfala Kanté était un artiste dont la musique reflétait profondément la personnalité, la sensibilité et l’émotion.
À l’issue de son intervention, il a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire de celui qu’il considère comme une grande figure de la culture guinéenne.
Mohamed Max salue la mobilisation des grandes figures culturelles
Dans son témoignage, Mohamed Max a insisté sur la nécessité de dépasser les divisions qui peuvent parfois exister autour des artistes guinéens.
Selon lui, les difficultés rencontrées par les acteurs culturels proviennent souvent davantage de l’environnement et du regard du public que des artistes eux-mêmes.
Il a particulièrement salué la mobilisation des grandes figures de la culture guinéenne autour de Kémo Kanté, estimant que cette solidarité témoigne de la reconnaissance du talent du jeune artiste et de l’importance de préserver l’héritage de son père.
Il s’est également montré optimiste quant à la mobilisation du public pour le rendez-vous du 6 novembre au Palais du Peuple.
La directrice de l’AGS appelle le public à soutenir la relève
La directrice de l’Agence guinéenne de spectacles (AGS) a, pour sa part, exprimé sa satisfaction de voir cette initiative prendre forme.
Elle a rappelé que l’accompagnement des artistes et la promotion de la culture guinéenne constituent une responsabilité collective.
Particulièrement touchée par la ressemblance vocale entre Kémo Kanté et son père, elle a confié avoir ressenti une vive émotion lors de sa première écoute.
Pour elle, cette initiative représente une belle occasion de favoriser la transmission entre générations et d’encourager les enfants des grandes figures artistiques à assurer la relève.

Elle a enfin lancé un appel au public guinéen afin qu’il se mobilise massivement le 6 novembre pour soutenir Kémo Kanté et honorer la mémoire de Kerfala Kanté.
Sékouba Kandia Kouyaté : « Kémo est une fierté pour nous »
Figure emblématique de la musique guinéenne, Sékouba Kandia Kouyaté a également salué le talent de Kémo Kanté et la particularité de son héritage artistique.
Revenant sur ses souvenirs de Kerfala Kanté, il a décrit un artiste exceptionnel, doté d’une voix singulière et d’un talent qui continuent de marquer les mélomanes.
Il a notamment expliqué que la transmission artistique entre un père et son fils constitue un phénomène rare, surtout lorsqu’un enfant parvient à hériter d’une partie aussi importante du potentiel vocal et musical de son géniteur.
S’appuyant sur sa propre expérience, Sékouba Kandia Kouyaté a toutefois conseillé au jeune artiste de construire progressivement sa propre identité musicale.
Il a rappelé qu’au début de sa carrière, certains aînés lui avaient recommandé de ne pas se contenter d’imiter son père, mais de développer son propre style afin de se faire reconnaître pour sa singularité.
Un conseil qu’il adresse également à Kémo Kanté : préserver l’héritage de Kerfala Kanté tout en affirmant sa personnalité artistique.
Il a conclu son intervention en exprimant sa fierté et en formulant des prières pour la réussite du jeune artiste.

Alpha Traoré appelle à accompagner Kémo Kanté
Intervenant à son tour, Alpha Traoré, représentant de GMS, a inscrit cette initiative dans une logique de continuité entre les générations.
Il a rappelé que le passé constitue le socle du présent et que la préservation de la mémoire des grandes figures culturelles est indispensable à la construction de l’avenir.
Revenant sur le parcours de Kerfala Kanté, il a évoqué son attachement à la tradition, son héritage familial et sa contribution à la promotion de la culture guinéenne.
Il a également salué le parcours de Kémo Kanté, notamment son passage par les études académiques et universitaires, avant de s’engager davantage dans la musique.
Alpha Traoré a par ailleurs encouragé les autorités guinéennes à accompagner cette initiative et à soutenir le jeune artiste dans son parcours.
Il a enfin invité les médias à contribuer à la valorisation de cet événement et à la promotion de l’héritage culturel laissé par Kerfala Kanté.
Rendez-vous le 6 novembre au Palais du Peuple

À travers cette première édition, Kémo Kanté entend rendre un hommage mérité à son père, tout en célébrant son héritage musical et en affirmant sa volonté de poursuivre son œuvre.
La mobilisation de plusieurs grandes personnalités de la culture guinéenne témoigne de l’importance accordée à cette initiative.
Le public guinéen est ainsi attendu le 6 novembre prochain au Palais du Peuple de Conakry pour une célébration qui s’annonce placée sous le signe de la mémoire, de la reconnaissance et de la transmission musicale.
Ramatoulaye Conté pour Yimbayanews.com






























