Située en Haute-Guinée, Kankan possède un mode de vie bien particulier qui marque aussi bien les visiteurs que ses habitants. Entre coupures d’électricité, omniprésence des motos et passion pour l’Ataya, la ville dévoile plusieurs réalités qui façonnent le quotidien de sa population.
Dans la cité de Nabaya, l’électricité fournie par Électricité de Guinée reste souvent irrégulière. Pour de nombreux habitants, le courant apparaît surtout à l’occasion des grandes fêtes religieuses ou de fin d’année, notamment pendant le Ramadan, la Tabaski, Noël ou le 31 décembre. À chaque retour de l’électricité, les concessions s’animent : téléphones, lampes et appareils électroménagers sont rapidement branchés, tandis que certains foyers profitent de l’ambiance pour improviser des moments festifs.
À Kankan, la moto domine largement les moyens de déplacement. Jeunes, commerçants et personnes âgées sillonnent les rues à deux roues, transportant parfois marchandises, marmites ou sacs de provisions. Les taxis automobiles y sont rares, au point que les cortèges de mariage eux-mêmes avancent fréquemment au rythme des motos à travers les artères poussiéreuses de la ville.
La circulation reste généralement fluide, avec très peu d’embouteillages comparativement à d’autres grandes villes du pays. Toutefois, les conducteurs doivent souvent composer avec les animaux errants, notamment les volailles qui traversent brusquement les routes.
Le climat constitue également une autre particularité de la ville. Les mois de novembre et décembre apportent un froid parfois surprenant pour la région, alors que la période allant de mars à mai est marquée par une chaleur particulièrement intense. Cette alternance pousse les habitants à adapter leurs activités quotidiennes en fonction des conditions météorologiques.
Le manque d’eau représente aussi un défi pour plusieurs familles. Les coupures peuvent durer plusieurs jours, obligeant certains habitants à parcourir de longues distances avec des seaux et bidons afin de s’approvisionner.
Sur le plan culturel, le Malinké occupe une place centrale dans les échanges quotidiens. Dans plusieurs quartiers, cette langue reste le principal moyen de communication pour commercer, plaisanter ou créer des liens sociaux.

Enfin, difficile d’évoquer Kankan sans parler de l’Ataya et du football, deux éléments profondément ancrés dans le quotidien local. Autour des petits verres de thé, les débats sportifs s’enchaînent souvent avec passion, notamment autour des stars mondiales du football comme Cristiano Ronaldo et Lionel Messi.
Tâta Traoré pour Yimbayanews.com



























