À quelques jours de la célébration de la Tabaski, l’inquiétude grandit chez de nombreuses familles de Conakry confrontées à la rareté du bétail sur les marchés. Dans plusieurs points de vente de la capitale, notamment au parc à bétail de Simbaya Gare, dans la commune de Matoto, trouver un mouton devient de plus en plus difficile, tandis que les prix connaissent une hausse considérable.
Selon les acteurs du secteur, cette situation est principalement liée à l’insécurité persistante dans le nord et le centre du Mali, principal pays fournisseur de bétail pour la Guinée. Les difficultés d’approvisionnement perturbent fortement le marché à l’approche de la fête.
Sur le terrain, commerçants et acheteurs peinent à faire face à cette crise. Entre l’insuffisance du cheptel et l’augmentation continue des coûts de transport, les vendeurs affirment avoir du mal à satisfaire la forte demande.
« On a commencé à envoyer des moutons. Certains se trouvent encore au Mali et d’autres dans les marchés hebdomadaires en Guinée. Il y a aussi des bœufs qui commencent à arriver. Donc, petit à petit, l’approvisionnement reprend, même si cela reste insuffisant », explique Ibrahima Touré, membre des vendeurs du parc à bétail de Simbaya Gare.
Les commerçants assurent que la flambée des prix n’est pas liée à une volonté de spéculation, mais plutôt aux nombreux obstacles rencontrés sur les axes d’approvisionnement. Entre l’insécurité dans certaines zones maliennes et les frais élevés de transport, acheminer le bétail vers la Guinée devient un véritable défi.
« Ce n’est pas la faute des vendeurs, c’est le contexte actuel. Avant, nous pouvions circuler librement pour acheter les animaux. Cette année, les déplacements sont limités à cause de la guerre dans le nord du Mali. Cela nous fait énormément souffrir », affirme Mouctar Bah, président des marchands du parc à bétail de Simbaya Gare.
Face aux critiques des consommateurs, les vendeurs appellent également à plus de compréhension. Selon eux, les risques et les dépenses engagés pour approvisionner les marchés sont aujourd’hui beaucoup plus importants qu’auparavant.
« Les acheteurs doivent comprendre les difficultés que nous traversons. Nous faisons de longs déplacements jusqu’au Mali, parfois dans des zones très éloignées, pour acheter du bétail et approvisionner la population. Malgré tous ces efforts, certains pensent que les commerçants cherchent simplement à gagner beaucoup d’argent, alors que ce n’est pas le cas », ajoute Ibrahima Touré.
La rareté du bétail ne touche pas uniquement les marchés de Conakry. Selon les vendeurs, même dans plusieurs localités de l’intérieur du pays, les animaux deviennent difficiles à trouver.
« S’il y avait suffisamment de moutons ici, pourquoi irions-nous chercher ailleurs ? Même dans les marchés hebdomadaires de l’intérieur du pays, il est difficile de trouver cinq ou dix têtes de bétail. Comment peut-on dépenser autant d’argent pour de si petites quantités ? », s’interroge le commerçant.
Au-delà des difficultés économiques, les vendeurs évoquent également une situation préoccupante. Deux commerçants guinéens seraient portés disparus au Mali depuis le 25 du mois dernier, alors qu’ils se rendaient dans un marché hebdomadaire à Kati pour acheter du bétail.

« Nous sommes très inquiets. Deux de nos collègues, des responsables et pères de famille, ont disparu alors qu’ils se rendaient vers un marché hebdomadaire au Mali. Jusqu’à présent, nous sommes sans nouvelles. Nous demandons aux autorités guinéennes et maliennes de renforcer les recherches afin qu’ils soient retrouvés sains et saufs », lance Mouctar Bah.


À l’approche de la Tabaski, cette pénurie de bétail et la hausse des prix compliquent davantage l’accès aux moutons pour de nombreuses familles guinéennes, même si les commerçants espèrent une amélioration progressive de l’approvisionnement dans les prochains jours.
Bérété pour Yimbayanews.com




























